Propositions pour un comité de soutien 11 novembre à Rennes

1. Il apparaît clairement que l’arrestation de dix personnes le 11 novembre, puis la mise sous contrôle judiciaire de sept d’entre elles et la détention provisoire des deux autres, tout cela sous le coup des procédures anti-terroristes, est une opération policière et politique. La question ici n’est pas celle de l’innocence ou de la culpabilité des inculpés mais le refus des législations anti-terroristes en tant qu’elles sont la manifestation la plus tangible d’une gouvernance qui pour garder sa légitimité carbure à la peur. La libération immédiate ainsi que l’arrêt des poursuites pour les « neuf de Rouen et Tarnac » doit être l’exigence minimum de ce comité, parce qu’il refuse que des personnes puissent servir d’exemples pour justifier les mesures sécuritaires des gouvernants. Parce que c’est le premier pas en vue de l’abolition des lois d’exception qui sont la règle, révélant par là même la nature autoritaire de l’Etat français.

2. Les législations anti-terroristes doivent être une des cibles premières de tout groupe politique car elles ont pour but d’empêcher que se constituent des collectifs de lutte qui soient autre chose que des paravents. Ces législations retirent de deux manières tout sens politiques aux gestes sortant du cadre autorisé. D’une part les accusations de terrorisme dépolitisent les gestes de luttes en les plaçant sous le sceau du fanatisme et de la barbarie. D’autres part elles les surpolitisent en leur prêtant des intentions. Par exemple, dans le cas des sabotages du rail ce qui justifie le recours à l’antiterrorisme c’est que les inculpés sont censés appartenir à une « Cellule invisible », inventée de toute pièce, visant la propagation d’une contestation globale de l’ordre mondial. Ce qui, dans l’esprit paranoïaque d’Alliot-Marie, justifie leurs arrestations c’est donc la suspicion d’un lien entre des actes et des pensées. Il faut bien admettre que es autres nuisances habituelles envers les réseaux SNCF sont eux qualifiés de vandalisme.

Ainsi les actes sont placés sous la sphère politique, les pensées au dessus et leur mise en commun est qualifiée de terrorisme. Il nous faut alors reconnaître l’appellation terroristes comme étant bien une attaque politique dépassant la simple sphère du droit : elle est déjà l’œuvre quand elle dénonce les grévistes bloquant leur lieux de travail comme des preneurs d’otages, les collectifs qui écrivent des tracts dénonçant les contrôles aux faciès comme le fait d’extrémistes, puis légifère contre le droit de grève et poursuit en justice ceux qui dénoncent de façon trop virulente les politiques d’immigrations.

Essais :

Ainsi les grèves de ceux qui osent bloquer leur travail ne sont pas politiques puisqu’elles sont le fait d’une minorité de preneurs d’otages, ainsi les collectifs qui écrivent des tracts dénonçant les contrôles aux faciès sont le fait d’extrémistes, ainsi l’interruption quelques heures de TGV est jugée terroristes.

Ces législations sont des instruments pour rendre inacceptables tout gestes de lutte qui rompt avec l’espace restreint que lui offre le capitalisme : l’illusion que la politique se joue dans les shows électoraux ou dans les négociations entre le gouvernement et leurs « partenaires sociaux »

Nous ne nous étonnons pas, à l’heure ou les grévistes sont traités comme des preneurs d’otages, où collectifs dénonçant les politiques d’immigration font face aux plaintes du ministère de l’identité, que l’interruption quelques heures de TGV soit jugée terroriste quand elle est reconnue ayant pour but d’attaquer le cœur même du capitalisme : l’économie.

D’une part ces législations fonctionne sur la suspicion d’intentions, par exemple pour l’affaire des sabotages du rail, les personnes mises examens les sont parce que d’un côté elles font parties des personnes suspectés d’avoir pu commettre ces actes (les preuves les plus tangibles étant leur participation à des manifestations anti-cpe, antiG8, anti-EGVIGE etc.), et parce ce que de l’autre côté elles sont supectés d’avoir écrits une livre offrant des pistes pour penser et agir contre et au-delà du capitalisme.

Publié par loutre, le Mardi 11 novembre 2008

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