À la prison de Rennes, double évasion à l’ancienne
Deux détenus de la vieille maison d’arrêt se sont fait la belle dimanche matin. Ils ont scié les barreaux et franchi le mur avec une corde.
RENNES. – Il ne manquait que deux chevaux sous les murs de la prison… La scène vécue dans la nuit de samedi à dimanche à la maison d’arrêt Jacques-Cartier de Rennes aurait pu figurer dans un album de Lucky Luke. C’est une évasion à l’ancienne, avec sciage des barreaux, comme au temps du far-west. Le syndicat CGT de la Pénitentiaire a lui-même rendu publique la nouvelle, hier après-midi.
Les surveillants du service de nuit ont découvert l’évasion dimanche matin à 4 h 30, après le déclenchement de l’alarme sur le chemin de ronde. Deux codétenus s’étaient fait la belle, à partir d’une cellule du 3e étage. Les barreaux avaient été sciés, un travail qui a dû demander des heures. La précédente inspection s’était déroulée dans l’après-midi du samedi, vers 17 h. Les codétenus ont donc disposé d’une bonne marge de temps pour se relayer dans l’effort.
Complicités extérieures
Tout indique qu’ils disposaient d’outils efficaces. Selon le syndicat, les lames et une corde leur avaient été expédiées depuis l’extérieur. Les lames ont été retrouvées dans la cellule. Pas vraiment une surprise : de nombreux objets et matériaux sont projetés de l’extérieur par des mains complaisantes dans l’enceinte de la prison, dont des portables et de la drogue.
« Malgré un déclenchement rapide de l’alarme par les personnels, les fugitifs n’ont pu être rattrapés », précise le syndicat. Comment ont-ils pu mettre pied à terre derrière des murs de dix mètres de hauteur ? Là encore, on reste dans la bande dessinée. À partir du 3e étage, ils ont réussi à gagner le mur d’enceinte à l’aide d’une corde, en utilisant le procédé de la tyrolienne.
Il semble acquis que les deux hommes ont bénéficié de complicités à l’extérieur. « Ils ont fait preuve d’audace et de détermination », commente le procureur de la République, Philippe de Monjour. Un plan de recherche « Hibou » a été lancé. Les deux hommes étaient toujours en fuite, hier soir. Leur identité n’a pas été rendue publique. L’exploit physique souligne qu’ils sont en bonne forme. L’un est âgé de 58 ans, il aurait été condamné il y a quelques jours à Angers. Son comparse, en attente de jugement, est âgé de 32 ans.
La maison d’arrêt Jacques-Cartier, construite en 1904, vit ses derniers mois. Très vétuste, elle sera remplacée en janvier 2010 par une prison de 700 places en cours d’achèvement à Vezin-le-Coquet, en périphérie de Rennes. Elle accueille actuellement 500 détenus pour une capacité de 302 places. « Les incidents sont de plus en plus nombreux », dénonce la CGT Pénitentiaire.
Alain THOMAS.
ouest torche
lundi 22 décembre 2008
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