Sept caméras autour de la place Sainte-Anne en février

A la mi-février, des caméras filmeront jour et nuit les allées et venues dans le centre-ville. Fin 2010, il y en aura aussi au Gast dans le quartier de Maurepas.

Combien de caméras et où ?

Sept caméras vont fonctionner dans le secteur de la place Sainte-Anne à partir de la mi-février 2010, et au centre commercial du Gast au dernier trimestre de 2010. A noter qu’à Rennes, il existe déjà 1 850 caméras publiques pour surveiller le trafic sur les grands carrefours, parmi lesquelles aussi 700 dans le métro et le bus.

Pourquoi pas tout de suite ?

Un dossier est actuellement à l’étude par la commission départementale des systèmes de vidéosurveillance qui est présidée par un magistrat. Cette commission remettra le 17 décembre son avis au préfet qui prendra, ou pas, un arrêté préfectoral. Dans le même temps, un dossier de demande de financement a été déposé auprès de l’Etat qui peut participer à hauteur de 30 à 50 % à l’achat des caméras et à 100 % du coût des liaisons. Dans le centre, les travaux d’installation devraient alors démarrer début janvier pour une mise en route mi-février. Au centre commercial du Gast, cela prendra plus de temps à cause des travaux qui se déroulent actuellement.

Quelles images ?

Ces caméras, sous forme de globe, filmeront à 360 degrés. Elles fonctionneront jour et nuit. Leur précision permettra d’identifier les passants. Leurs fonctions : la prévention, l’élucidation d’affaires par la police, la lutte contre le sentiment d’insécurité. A noter que la loi interdit de filmer certains lieux tels que les entrées d’immeubles et l’intérieur des habitations.

Qui pourra les voir ?

Elles seront renvoyées en temps réel, via un raccordement au réseau à haut débit, à un local de visionnage appartenant à la mairie. Des agents de la Ville autorisés par la préfecture visionneront en direct les images du lundi au samedi de 13 h 30 à 18 h. En cas de problème, ils pourront prévenir la police. Chaque personne entrant dans ce local devra posséder une autorisation. Seul un officier de police judiciaire est habilité à se servir de ces images. Toute personne intéressée pourra néanmoins avoir accès à ces images sur demande écrite auprès de la police municipale. Ces enregistrements seront conservés pendant dix jours maximum, « alors que la loi nous l’autorise pendant trente jours »,note Hubert Chardonnet, adjoint à la sécurité.

Est-ce vraiment efficace ?

Il est admis que la vidéosurveillance en espace public fermé tel que le métro ou le bus fonctionne bien. En revanche, il existe plusieurs interrogations quand il s’agit d’espace public ouvert. « Il n’y a aucune étude convaincante sur ce sujet que ce soit en France ou à l’international. Ce n’est pas un outil magique qui va tout régler. Nous devons donc rester prudents », souligne Hubert Chardonnet. C’est dans cette logique qu’il a été décidé que ce serait, dans un premier temps, une expérimentation d’une année.

Liberticide ?

« Il y a une inquiétude légitime quant aux risques d’atteinte aux libertés individuelles. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la vidéoprotection est, au départ, un outil neutre. Ce qui est essentiel, c’est l’usage que l’on en fait. » C’est pour cela qu’une charte éthique est en cours d’élaboration et qu’un comité d’éthique destiné à encadrer ce dispositif va être mis en place. « La loi ne nous y obligeait pas. » Ce comité d’éthique, composé d’élus de la majorité et de l’opposition, de représentants notamment d’associations défendant les droits de l’Homme, et de personnalités du monde judiciaire et universitaire, participera à l’évaluation de cette expérimentation.

Gilles KERDREUX et Janik LE CAÏNEC.
Ouest-France

Source: Ouest-France

Publication anonyme, le Mardi 19 janvier 2010

Envoyer un complément d'information :