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	<title>GangRennes &#187; Une</title>
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		<title>Cantine populaire &#8211; Programme de Mars 2010</title>
		<link>http://www.gangrennes.info/article/460</link>
		<comments>http://www.gangrennes.info/article/460#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 18:54:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles archivés]]></category>
		<category><![CDATA[La Cantine Populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[La cantine populaire est un espace qui souhaite faire se rassembler des personnes et/ou des groupes autour des luttes passées, présentes et à venir. Il s'agit d'ouvrir des espaces de discussion pour que chacun se saisisse de ce que les uns et les autres ont à défendre et pourquoi pas que les luttes se rencontrent.
Mais on ne parle jamais aussi bien que le ventre plein ; Les discussions se déroulent autour d'un repas convivial et presque gratuit. La cantine est un lieu indépendant et auto-organisé vous pouvez vous joindre à la préparation des repas (tous les vendredi ou samedi dès 15h) et/ou aux assemblées.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/cantine1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-466" title="cantine" src="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/cantine1.jpg" alt="" width="227" height="136" /></a>La cantine populaire est un espace qui souhaite faire se rassembler des personnes et/ou des groupes autour des luttes passées, présentes et à venir. Il s&#8217;agit d&#8217;ouvrir des espaces de discussion pour que chacun se saisisse de ce que les uns et les autres ont à défendre et pourquoi pas que les luttes se rencontrent.<br />
Mais on ne parle jamais aussi bien que le ventre plein ; Les discussions se déroulent autour d&#8217;un repas convivial et presque gratuit. La cantine est un lieu indépendant et auto-organisé vous pouvez vous joindre à la préparation des repas (tous les vendredi ou samedi dès 15h) et/ou aux assemblées.</p>
<p>La cantine populaire est située au 244, rue de Nantes à Rennes.<br />
Ligne de bus 5, arrêt Pilate.<br />
Contact : <a title="Linkification: mailto:cantine35@hotmail.fr" href="mailto:cantine35@hotmail.fr">cantine35@hotmail.fr</a></p>
<p><strong>-Programme Mars 2010-</strong></p>
<p><strong>Samedi 06</strong> : « Autour du contrôle du vivant »<br />
16h discussion : devenir de l&#8217;agriculture sous le règne de la sécurité alimentaire. Rencontre entre paysans, chômeurs et opposants aux nanotechnologies,&#8230; à partir de l&#8217;obligation vaccinale et du puçage électronique des animaux d&#8217;élevage, jusqu&#8217;où accepterons-nous la mécanisation du vivant ?<br />
19h : repas</p>
<p><strong>Mardi 09 </strong>« Autour de la résistance palestinienne »<br />
19h : repas traditionnel<br />
20h30 : projection du court métrage : « Les dattes amères » en présence de la réalisatrice Salwa Alenat. Sur les conditions de travail des palestiniens dans des exploitations agricoles israéliennes de la vallée du Jourdain.<br />
21h : projection du court métrage : « El Sanabel » en présence de ses réalisateurs.<br />
A propos de la création d&#8217;une coopérative agricole palestinienne dans la région d&#8217;Hébron.<br />
21h30 : rencontre avec des membres du groupe de rap palestinien &laquo;&nbsp;Gaza team&nbsp;&raquo; et des membres de l&#8217;Association France-Palestine Solidarité de Rennes.</p>
<p><strong>Samedi 13 :</strong> « Cycle Pédagogie &amp; Émancipation » (I)<br />
présenté par l&#8217;association d&#8217;éducation populaire « Calypso » à Rennes.<br />
18h : assemblée de cantine<br />
19h: repas ;<br />
20h30 : projection du film de Jean Michel Carré « Alertez les bébés ! », 90 min, 1978. Ce film revient sur les mutations pédagogiques qui ont succédé à mai 68. Il souligne les impasses de « la libéralisation pédagogique » qui avait pour but de rendre l&#8217;élève acteur des processus pédagogiques. Mais en fait d&#8217;attention à l&#8217;élève, on a assisté à un renforcement de la logique évaluatrice voire sélective de l&#8217;École, ainsi qu&#8217;au renforcement de sa fonctionnalité d&#8217;avec le marché du travail.</p>
<p><strong>Samedi 20 : </strong>« Autour de la revue Timult »<br />
Timult est une nouvelle revue qui vient de Grenoble, entièrement écrite par un collectif de femmes. Elle « parle de luttes sociales et d&#8217;aspirations à changer le monde, elle explore des nouvelles façons de faire de la théorie politique en imbriquant les récits de vie, les émotions et les analyses, en expérimentant des manières d&#8217;écrire, d&#8217;inciter et d&#8217;aider à l&#8217;écriture. »<br />
14h-16h30 : atelier d&#8217;écriture non-mixte (ouvert à toutes)<br />
19h : repas (ouvert à toutes et tous)<br />
21h : discussion avec le collectif du journal Timult à l&#8217;occasion de la sortie de leur 2ème numéro. (ouverte à toutes et tous)</p>
<p><strong>Documents joints :</strong><br />
<a href="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/Cantine-populaire-Programme-de-Mars-2010.pdf">Cantine populaire &#8211; Programme de Mars 2010<br />
</a><a href="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/Cantine-populaire-Programme-de-Mars-2010-verso.pdf">Cantine populaire &#8211; Programme de Mars 2010 &#8211; verso</a></p>
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		<title>Délibéré d&#8217;Alan et Jonathan, militants 44=Breizh</title>
		<link>http://www.gangrennes.info/article/450</link>
		<comments>http://www.gangrennes.info/article/450#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 09:50:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[« Approchez messieurs. Pour rébellion – vous avez résisté à l'interpellation avec violence – vous vous acquitterez de l'amende de 500 € pour Monsieur Alan Haye et de 750 € pour Monsieur Jonathan Guillaume.
Si vous payez dans un délai de 30 jours, vous aurez droit à une réduction de 20 % ». Ainsi s'exprima le juge à 14 heures 10 ce 1er mars 2010.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Délibéré du procès de Alan Haye et Jonathan Guillaume : la consternation<br />
De notre correspondant : Bernard Le Tellier</p>
<p>NANTES/NAONED — .</p>
<p>« Approchez messieurs. Pour rébellion – vous avez résisté à l&#8217;interpellation avec violence – vous vous acquitterez de l&#8217;amende de 500 € pour Monsieur Alan Haye et de 750 € pour Monsieur Jonathan Guillaume.<br />
Si vous payez dans un délai de 30 jours, vous aurez droit à une réduction de 20 % ». Ainsi s&#8217;exprima le juge à 14 heures 10 ce 1er mars 2010.</p>
<p>La réquisition d&#8217;amende du 1er février 2009 était de 750 €. Elle a été maintenue pour Jonathan Guillaume du fait qu&#8217;il était déjà passé en justice. Elle a été diminuée de 250 € pour Alan Haye. Il lui reste à payer 500 €.</p>
<p>Pour les prévenus et la quinzaine de militants présents c&#8217;est le silence à la sortie de la salle, la consternation se lit sur les visages. Puis les paroles reprennent.</p>
<p>« Soit nous sommes considérés comme coupables, et alors ces amendes sont trop faibles, soit on nous considère pas coupables et on ne devrait rien payer&#8230; » dit Alan.</p>
<p>« La procureure avait dit que j&#8217;ai un casier » dit Jonathan. « C&#8217;est pourquoi je paie la somme requise ».</p>
<p>« C&#8217;est un alibi pour que les militants ne se croient pas blanchis ni tout permis à nouveau&#8230; » énonce-t-on parmi les sympathisants. « Il faut les intimider, les museler » ajoute-t-on.</p>
<p>« C&#8217;est l&#8217;État qui y gagne, avec sa police contre des citoyens qui n&#8217;avaient que l&#8217;envie de prendre un pot ensemble. La vingtaine de personnes a vraiment été agressée. Ils m&#8217;ont traîné, j&#8217;ai eu des vêtements fichus, bons à jeter, j&#8217;ai perdu mes lunettes. Ma femme a eu des bleus partout, on a des photos. À quoi bon ? » ajoute Alan.</p>
<p>« Avec le cafouillage qu&#8217;il y a eu puisque les policiers, le 1er février, n&#8217;ont pas pu faire la preuve formelle de la brutalité des inculpés, avec cette peine c&#8217;est comme si la police avait été absoute de ses propres brutalités. Elle peut donc continuer à agir aussi violemment, en toute impunité&#8230; » continue Alan.</p>
<p>« C&#8217;est créditer la police, voler des citoyens, transformer des victimes en coupables » entend-on aussi&#8230;</p>
<p>« Il y a une volonté de criminalisation du mouvement breton » déclare Maître Erwan Lorvellec, avocat à la Cour à Nantes, un des deux avocats des deux inculpés, qui était présent. Il confirme « Ce sont des sommes incompatibles avec les niveaux de salaires ». Puis « Nous avons 10 jours pour décider de faire appel ou non, soit jusqu&#8217;au 11 mars. Ce ne sera pas avant 1 an, à la cour d&#8217;appel de Rennes, avec l&#8217;incertitude et le risque de l&#8217;aggravation ».</p>
<p><strong>Source :</strong> 44=Breizh</p>
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		<title>Manuel de survie en garde à vue</title>
		<link>http://www.gangrennes.info/article/415</link>
		<comments>http://www.gangrennes.info/article/415#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 10:29:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce manuel est à mettre entre toutes les mains, tant il est vrai que la garde à vue fait partie de la culture policière française.
Son but est de donner corps à une généralisation du silence, à l'extension la plus universelle possible du sabotage du travail policier.
"Coupable" ou pas, là n'est pas la question: la mise à l'amende et l'enfermement, nous ne les souhaitons à personne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce manuel est à mettre entre toutes les mains, tant il est vrai que la garde à vue fait partie de la culture policière française.<br />
Son but est de donner corps à une généralisation du silence, à l&#8217;extension la plus universelle possible du sabotage du travail policier.<br />
&laquo;&nbsp;Coupable&nbsp;&raquo; ou pas, là n&#8217;est pas la question: la mise à l&#8217;amende et l&#8217;enfermement, nous ne les souhaitons à personne.</p>
<p>Liberté et impunité pour tous!</p>
<p>Pour une version pdf A4 ou brochure, bien plus lisible,</p>
<p><a href="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/Manuel-de-survie-en-garde-à-vue-A4.pdf">Manuel de survie en garde à vue &#8211; A4 &#8211; pdf</a></p>
<p><a href="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/Manuel-de-survie-en-garde-à-vue-brochure-A5.pdf">Manuel de survie en garde à vue &#8211; brochure A5 &#8211; pdf</a></p>
<p>SOMMAIRE</p>
<p>p3</p>
<p>Notes préliminaires</p>
<p>p4</p>
<p>POUR COMMENCER, UNE CERTITUDE :<br />
SE TAIRE C&#8217;EST ENRAYER LA MACHINE POLICIÈRE-JUDICIAIRE</p>
<p>p5</p>
<p>PREMIERS CONSEILS :<br />
EVITER LES PIÈGES LES PLUS GROSSIERS</p>
<p>p8</p>
<p>POURQUOI SE TAIRE ?<br />
QUELQUES IDÉES REÇUES À ABANDONNER</p>
<p>p10</p>
<p>MISES EN SITUATION :<br />
IL NE FAUT PAS PRENDRE LES FLICS POUR PLUS BÊTES<br />
OU PLUS MALINS QU&#8217;ILS NE LE SONT</p>
<p>p12</p>
<p>LES ARMES DE L&#8217;ENNEMI :<br />
PETITES TECHNIQUES DE MANIPULATION POLICIÈRE</p>
<p>p13</p>
<p>COROLLAIRE :<br />
NE PAS PARLER, NE PAS SIGNER</p>
<p>p14</p>
<p>RÉUSSIR A TENIR :<br />
TEMPORISER, ENROBER SON SILENCE</p>
<p>p16</p>
<p>EN RÉSUMÉ :<br />
GARDER LE SILENCE, RESTER ALERTE, SABOTER LE TRAVAIL DES FLICS</p>
<p>2</p>
<p>Notes préliminaires</p>
<p>On fait en ce moment beaucoup de bruit autour des gardes à vue « illégales » : certains avocats obtiennent parfois des relaxes grâce à une « nullité » de GAV, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Mais il ne s&#8217;agit pas ici de défendre les droits des gardés à vue, de contrôler le déroulement des GAV, de rappeler à l&#8217;ordre les flics qui ne respectent pas les règles. On aura beau décrire comment marche la GAV, dans la loi ou dans les faits, on passera toujours à côté d&#8217;un point essentiel : comment s&#8217;en sortir au mieux, c&#8217;est-à-dire du moins sans aggraver son cas. Ainsi, ce qui nous intéresse, c&#8217;est plutôt de voir comment faire en sorte que ça marche le moins bien possible.</p>
<p>Le meilleur moyen est de loin de ne pas jouer le jeu. Il faut avoir bien en tête qu&#8217;en GAV on cherche à tout prix à faire parler, à obtenir des aveux. Il importe donc de savoir comment on s&#8217;y prend du côté des flics, où est la part de bluff, et où on court un risque en mettant des bâtons dans les rouages de la machine judiciaire (notamment en refusant le fichage). Nous présenterons donc la GAV dans cette perspective : ne pas parler. S&#8217;il est nécessaire de s&#8217;y tenir, c&#8217;est parce que les tribunaux n&#8217;ont alors personne à envoyer en prison. Pas de preuves, pas d&#8217;aveux, pas de PV : pas de coupable.</p>
<p>Ces notes sont inspirées d&#8217;expériences vécues, de discussions critiques autour de la pratique policière, de témoignages trouvés sur internet, et de différents ouvrages et brochures. Nous ne prétendons pas livrer ici le vademecum ultime de la GAV, et toute remarque, tout ajout, toute correction, seront les bienvenus. Il s&#8217;agit de faire circuler ce qui, nous l&#8217;espérons, pourrait éviter bien des ennuis.</p>
<p>On trouvera un « résumé » en dernière page. Une lecture intégrale semble néanmoins utile pour bien comprendre pourquoi il est important de s&#8217;en tenir à la ligne dégagée ici.</p>
<p>Bienvenue, donc, dans le dur monde du béton, du plexiglas, et des interrogatoires.</p>
<p>Et bon courage !</p>
<p>3<br />
POUR COMMENCER, UNE CERTITUDE :<br />
SE TAIRE C&#8217;EST ENRAYER LA MACHINE POLICIÈRE-JUDICIAIRE</p>
<p>Dès le début de la GAV, dans les faits dès le moment de l&#8217;interpellation, les flics mettent la pression pour qu&#8217;on parle, vite et bien. Bien, c&#8217;est-à-dire de sorte que le dossier soit clairement à charge, avec des coupables bien identifiés, pour qui le juge n&#8217;aura plus qu&#8217;à choisir une peine. Parler, ça peut être dire « la vérité », ou mentir, mais dans les deux cas, c&#8217;est dire quelque chose, et ce quelque chose est consigné par les flics sur un PV d&#8217;audition. Et c&#8217;est le genre de papier qui colle aux doigts, pendant la GAV et jusqu&#8217;au procès : il est utilisé pour confrontation avec d&#8217;autres déclarations, pour charger d&#8217;éventuels complices ou même des personnes mises en cause dans une affaire connexe, etc. Une audition de GAV est toujours à charge. Pour les flics les informations sont évidemment bonnes à prendre sur le moment, mais elles peuvent aussi bien leur servir longtemps après : s&#8217;ils n&#8217;arrivent pas à coincer quelqu&#8217;un par manque d&#8217;éléments dans une affaire, peut-être qu&#8217;une prochaine fois ils seront contents d&#8217;avoir déjà quelques miettes au fond de leurs tiroirs.</p>
<p>La garde à vue est en soi une pression psychologique : mauvaises conditions d&#8217;hygiène, stress, fatigue, parfois brimades voire coups, autant d&#8217;atouts pour les flics, pour qui il est plus facile d&#8217;interroger quelqu&#8217;un d&#8217;affaibli, prêt à passer à table sans faire d&#8217;histoire. En s&#8217;étant préparé à l&#8217;avance, on peut tenir le coup, à condition de ne pas se laisser déstabiliser. Ne rien dire du tout en GAV n&#8217;est pas donné. D&#8217;une part, c&#8217;est difficile de tenir 24h, deux, trois ou même parfois quatre jours (stups, « terrorisme ») sans parler à personne : le contact humain et la conversation sont des besoins qui se font vite ressentir. D&#8217;autre part, on pense souvent que le fait de se taire va aggraver les conditions de détention, le comportement agressif des flics, voire les suites judiciaires. Il n&#8217;en est rien, et quels que soient les faits reprochés (à tort ou à raison, là n&#8217;est pas la question), tout le monde s&#8217;en sort mieux si personne ne parle en GAV.</p>
<p>Refuser tous les prélèvements, photos, empreintes, et tout ce qui peut rester dans des fichiers de police pendant un moment, est également important : il est très difficile de sortir de ces fichiers une fois qu&#8217;on y est entré, et cela peut être vraiment handicapant d&#8217;y figurer, ne serait-ce qu&#8217;en cas d&#8217;interpellation ultérieure (« Tiens, mais Monsieur est un habitué des commissariats ! »). Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on risque une peine de prison ou une grosse amende en refusant de se soumettre à telle ou telle opération (décliner son identité, donner son ADN ou se laisser prendre en photo, par exemple) qu&#8217;on sera forcément puni, de nombreux exemples le montrent. On peut très bien être relaxé pour refus de signalétique,</p>
<p>4<br />
si bien sûr personne n&#8217;a lâché trop d&#8217;éléments compromettants pour le reste.</p>
<p>Il semble important de rappeler cette évidence, que si l&#8217;on s&#8217;est tu en GAV pour ne pas se charger et ralentir la machine judiciaire, ce n&#8217;est pas pour accepter la comparution immédiate après cette même GAV ! Dans la quasi-totalité des cas (on a même du mal à imaginer des exceptions) accepter de passer devant un juge juste après la GAV n&#8217;amène qu&#8217;un procès au lance-pierre, où en général on s&#8217;arrange pour faire avouer le prévenu ou même pour marchander sa peine par une « reconnaissance préalable de culpabilité » (l&#8217;équivalent du « plaider coupable » américain). Il faut refuser pour pouvoir préparer sa défense.</p>
<p>Les trois commandements de la garde à vue : ne rien dire, ne rien signer, ne rien avouer.</p>
<p>PREMIERS CONSEILS :<br />
EVITER LES PIÈGES LES PLUS GROSSIERS</p>
<p>LA GAV COMMENCE AU MOMENT DE L&#8217;INTERPELLATION<br />
Dès le premier contact avec les flics, parfois même sans qu&#8217;ils sachent eux-mêmes que l&#8217;interpellation va finir en GAV, ils peuvent commencer à chercher des informations pour la procédure en cours, ou à venir. Il faut donc commencer à refuser de répondre à leurs questions dès qu&#8217;ils se mettent à en poser. L&#8217;état civil est la seule chose que l&#8217;on est tenu de fournir, hors procédure : mieux vaut donc s&#8217;en tenir là, au maximum. Parfois un refus de décliner son identité, notamment en groupe, peut déboucher selon le rapport de force sur une libération collective, évidemment sans suite (par exemple dans un contexte de manifestation).<br />
Une interpellation se fait avec une certaine mise en scène, qui est parfois déroutante. On peut être arrêté dans la rue, mais également à domicile : les flics viennent alors toujours à plusieurs, généralement en uniforme. Les présentations faites (elles sont rapides) les enquêteurs donnent les raisons de leur intervention, et cela en termes juridiques très généraux (chefs d&#8217;inculpation), pour ajouter à la confusion du moment. Le plus souvent ils sont mandatés par un juge (dans le cadre d&#8217;une instruction, qui peut leur avoir déjà fourni pas mal d&#8217;informations, grâce à des filatures, écoutes téléphoniques, enquêtes psychologiques, etc.) mais ils peuvent agir de leur propre initiative (enquête de flagrance, quand on est pris sur le fait, ou s&#8217;il y a une forte suspicion de délit de la part des flics, par exemple si on fait pousser du cannabis à sa fenêtre). Dans le second cas ils devront justifier leur action, mais en clair il leur suffit du moindre prétexte pour pouvoir procéder à une interpellation. Celle-ci peut être courtoise, comme très violente (en manifestation, après une course-poursuite, suite à un vol à l&#8217;étalage, etc.), ce qui</p>
<p>5<br />
ne fera qu&#8217;ajouter au stress de l&#8217;instant. En tout cas, que les flics soient cordiaux ou qu&#8217;ils vous insultent, il ne faut pas oublier qu&#8217;ils peuvent être synonymes de gros ennuis. Dès le moment de l&#8217;interpellation on est placé sous leur autorité, « invité » à les suivre ou directement menotté (c&#8217;est le cas le plus fréquent, surtout si l&#8217;on est jeune, de couleur, etc.) et dans les faits on n&#8217;est plus libre de ses actes, que ce soit pour passer un coup de fil pour prévenir la famille ou même fumer une cigarette. C’est dès cet instant que commence la GAV, même si elle est prononcée plus tard. Les flics le savent très bien : c’est cette situation ambigüe (on n&#8217;est pas encore en cellule, mais entouré de flics et en position de faiblesse), qui est propice aux déclarations spontanées, épidermiques. C’est en cela qu’il est très important d’arriver à dire, le plus tôt possible , « je n’ai rien à déclarer », qu’on se trouve chez soi, dans la rue ou encore dans un véhicule de police en route pour le commissariat. Plus tôt on formule cette détermination à rester silencieux, plus il est facile de s&#8217;y tenir.</p>
<p>IDENTIFICATION DES OBJETS<br />
Que ce soit dans la rue au milieu d&#8217;un groupe de personnes, ou à un domicile, les flics peuvent commencer à fouiller un peu partout, demander à qui est tel sac, tel portable, tel carnet, etc. Il va sans dire que personne n&#8217;a d&#8217;intérêt à répondre à ces questions. Même si un sac ne contient rien d&#8217;illicite ou de compromettant, il peut être facile pour les flics d&#8217;y introduire quelque chose, voire même de prendre des effets personnels, comme un peigne ou une brosse à dents, pour faire une recherche ADN, ce qui leur sera utile en cas de refus de prélèvement (refus que nous conseillons bien sûr vivement). Ces pratiques, même si elles semblent tout droit sorties d&#8217;un mauvais polar, sont assez courantes, en France comme ailleurs.<br />
Tout type d’objet peut constituer à leurs yeux un indice, et ils s&#8217;en resserviront par la suite : chaussures pour les empreintes, manteau si des témoins font des descriptions, portables pour les écoutes et la liste des personnes appelées, etc. Des objets aussi anodins peuvent s&#8217;avérer très encombrants dans la procédure. Si un objet est identifié face aux flics il sera dès lors, et pour tout le reste de la procédure, identifié comme appartenant à untel. Ne pas attribuer la propriété d&#8217;un objet à soi-même comme à une tierce personne, même si c&#8217;est vrai, est essentiel.<br />
Il est préférable de ne pas donner non plus de numéros de téléphone, de noms ou d’adresses (« Mais appelez donc mon frère, il habite à tel endroit, il vous dira, lui, que&#8230; »), ou alors seulement ceux de personnes préparées à l’éventualité de cette situation, ou de lieux totalement « clean » (peut-être que le frère en question n&#8217;a pas envie d&#8217;avoir affaire aux flics, mieux vaut en avoir déjà parlé avec lui, par exemple).</p>
<p>6<br />
BEAUCOUP D&#8217;ATTENTE ET DE FORMALITÉS<br />
Après que les flics aient rempli des papiers en 4 exemplaires, notifié au gardé à vue ceux de ses droits qui ne gênent pas trop leur travail (on « oublie » généralement de vous rappeler votre droit de ne rien déclarer), et procédé à quelques humiliations supplémentaires (fouille à corps face à plusieurs flics, par exemple), on est mis en geôle. Et là, le temps s&#8217;arrête, mais pas la procédure.<br />
La GAV, c’est avant tout beaucoup d’attente, énormément d’attente. Sans rien pour tuer le temps, seul dans une cellule. L’attente participe évidement de la tactique des flics : rien de tel que de faire patienter un détenu pour un oui ou pour un non. Pour aller aux chiottes, voir un médecin, etc., pas d’urgence. Tout ça dans une ambiance étriquée et inconfortable. Alors quand enfin un enquêteur décide de procéder à un interrogatoire, on est bien content de pouvoir sortir un peu de cellule pour aller dans son bureau. Il peut alors en profiter pour faire miroiter une accélération de la procédure, et donc une sortie de GAV anticipée, si vous « coopérez ». Ton rassurant, menace, compassion, il peut user de tous les registres pour habiller son mensonge : parler en GAV n&#8217;amène rien de positif sauf pour l&#8217;avancée de l&#8217;enquête des flics, et ils n&#8217;appelleront pas plus tôt le procureur pour remercier un gardé à vue d&#8217;avoir collaboré.<br />
Lorsque commence la première audition, après l&#8217;état civil (qu&#8217;on pourrait prendre pour une énième formalité) le flic embraye très vite, mais imperceptiblement, sur des questions plus précises. Le domicile, par exemple, permet tout de suite aux flics de s&#8217;enquérir de la présence sur place des habitants les quelques jours avant leur interpellation, par exemple. Si l&#8217;on ne s&#8217;est pas dit qu&#8217;on refusait de parler, on ne se rend même pas compte qu&#8217;on commence à répondre aux questions des flics, et non plus à une formalité administrative. Il faut donc se rappeler constamment qu&#8217;il vaut mieux « ne rien déclarer », et s&#8217;y tenir.</p>
<p>INTERROGATOIRES INFORMELS<br />
Dès votre interpellation, « tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous », ou contre d’autres personnes, que vous ne connaissez peut-être même pas. Ce n&#8217;est pas de la paranoïa, c&#8217;est un fait : même si vous ne pensez pas à mal en faisant telle ou telle déclaration, les flics savent très bien s&#8217;y prendre pour faire dire ce qu&#8217;ils veulent entendre à des déclarations.<br />
Dans la plupart des cas ils en viendront vite au tutoiement, surtout si c’est dans le cas d’une enquête d’instruction, ou si l&#8217;on est « déjà connu des services de police ». Ils cherchent ainsi à  mieux connaître la personne qu&#8217;ils ont en face d&#8217;eux, la cerner, finalement la fragiliser. Il est préférable de ne partager aucune forme de familiarité avec eux : ils essaieront toujours de tout retourner à la faveur de leur enquête. À certains moments, que ce soit celui de l&#8217;interpellation, dans la voiture, les couloirs de la PJ, ou le bureau d&#8217;un officier, on pourrait croire que</p>
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c&#8217;est du « off », mais non, ça n&#8217;existe pas en GAV. « Allez, on va faire une pause. Une cigarette ? Dure, cette histoire, hein? ». Rester en alerte est crucial : ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;un flic est sympa qu&#8217;il arrête à ce moment-là d&#8217;être un flic. Même si cela peut sembler agréable au milieu de plusieurs heures d&#8217;interrogatoire, il faut toujours se méfier d&#8217;une petite discussion, même d&#8217;apparence anodine. Sans compter qu&#8217;ils peuvent récupérer le mégot pour prélever de l&#8217;ADN.</p>
<p>POURQUOI SE TAIRE ?<br />
QUELQUES IDÉES REÇUES À ABANDONNER</p>
<p>« LES FLICS ARRÊTERONT DE ME METTRE LA PRESSION, SI JE PARLE AU MOINS UN PEU »<br />
On pourrait croire que les flics mettent la pression tant qu&#8217;on ne parle pas, et qu&#8217;une fois qu&#8217;ils ont eu ce qu&#8217;ils veulent (une histoire, une version des faits), ils se relâchent. L&#8217;expérience prouve que c&#8217;est plutôt le contraire qui se passe : devant un silence obstiné pendant toutes les auditions, ils finiront par se résigner, cherchant ailleurs leurs précieuses informations. Par contre, celui qui commence à parler se fait presser comme un citron jusqu&#8217;à la fin de la GAV. Ils passent alors en revue tous les faits et toutes les personnes de la procédure, insistent sur tous les détails possibles et imaginables qui les intéressent pour charger untel ou untel, modifiant au besoin les déclarations à leur sauce (la fameuse reformulation policière, dans un style si singulier).<br />
Une fois qu&#8217;on a mis le doigt dans l&#8217;engrenage question/réponse il est quasiment impossible d&#8217;en sortir. Imaginer pouvoir lâcher du leste en donnant quelques infos est une erreur : toute déclaration est un levier offert aux flics pour approfondir les interrogatoires, faire de nouvelles hypothèses, s&#8217;engager sur d&#8217;autres pistes, mettre d&#8217;autant plus la pression pour avoir la suite de l&#8217;histoire, etc. On ne s&#8217;en sort jamais à bon compte quand on commence à parler.</p>
<p>« IL N&#8217;Y A QUE LES GROS POISSONS QUI SE TAISENT, ÇA FAIT SUSPECT »<br />
On pense souvent que le fait de ne rien dire est une espèce de circonstance aggravante, que les suites seront plus graves que si on parle. Mais en réalité vaut-il mieux parler pour « ne pas avoir l&#8217;air suspect » et ainsi étoffer un dossier à charge, ou « avoir l&#8217;air suspect » en ne parlant pas, et ralentir ainsi l&#8217;enquête, minimisant ses conséquences immédiates ? La réponse semble évidente. L&#8217;interrogatoire sert à fabriquer un dossier utilisable par le tribunal, souvent constitué uniquement des PV d&#8217;audition. En d&#8217;autres termes, encore une fois : l&#8217;audition est à charge. Et les aveux, plus encore que d&#8217;autres déclarations, sont tenaces et lourds de conséquences, comme le montrent nombre de soi-disant « erreurs judiciaires ».</p>
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On a en tête que seuls les indépendantistes basques ou corses, les islamistes et les<br />
« anarcho-autonomes » se taisent en GAV, parce que ce sont des durs, et que d&#8217;ailleurs ils ont sûrement « quelque chose à se reprocher » (puisque c&#8217;est dans les journaux). Mais si tout le monde se met à ne pas parler en GAV, les flics ne pourront pas mettre d&#8217;étiquette sur la personne qu&#8217;ils interrogent. Il faut généraliser le silence, noyer le poisson en quelque sorte, sortir des stéréotypes que renvoient les flics et les médias. Il nous semble bien plus effrayant de finir en prison que de « passer pour un criminel » en gardant le silence pendant la GAV, même si on n&#8217;a « rien fait ».</p>
<p>« EN MENTANT/ATTÉNUANT, JE PEUX M&#8217;EN TIRER, COUVRIR MES POTES »<br />
On pense souvent qu&#8217;une fois que les flics nous ont arrêté et mis en garde à vue, on a déjà perdu, et qu&#8217;on pourra seulement « limiter la casse ». Mais bien souvent ils n&#8217;ont que leurs propres déclarations (qui se limitent en général au récit de l&#8217;interpellation et à une mention de leurs soupçons), et le reste du dossier ne sera constitué que des fameux PV d&#8217;audition. Tout n&#8217;est pas joué, car même en GAV on peut garder l&#8217;avantage sur les flics : parler ne peut aller que dans leur sens, alors que se taire c&#8217;est les faire piétiner, et surtout ne pas se charger plus qu&#8217;on ne l&#8217;est déjà. On peut souvent s&#8217;en sortir indemne, même si les flics disent qu&#8217;ils savent très bien qu&#8217;on a commis tel ou tel fait : il suffit de ne pas confirmer ce qui s&#8217;avère souvent n&#8217;être que des soupçons. Et si l&#8217;on sait avoir commis bien pire que ce que les flics nous reproche, pourquoi avouer quoi que ce soit ? Mentir serait dangereux, car cela peut entrer en contradiction avec d&#8217;autres éléments que les flics ont déjà, ou qu&#8217;ils trouveront plus tard, ou avec les déclarations d&#8217;autres personnes mises en cause dans la procédure. Par contre, on peut sauver bien plus que les meubles, simplement en se taisant.</p>
<p>« JE N&#8217;AI RIEN À ME REPROCHER, JE PEUX PARLER »<br />
Lorsque les flics ne savent pas exactement qui a commis un acte particulier, il arrive qu&#8217;ils ratissent large, arrêtant pour interrogatoire plusieurs groupes d&#8217;individus distincts à la suite d&#8217;un casse ou d&#8217;une action anonyme, par exemple. Or, si l&#8217;on se fait prendre « par erreur », cela ne veut pas dire qu&#8217;on peut répondre sans conséquence à leurs questions. Les flics ne sont pas là pour enquêter à charge ou à décharge : dans la chaîne judiciaire, leur rôle est de trouver des suspects, et de les charger. Non seulement on n&#8217;a rien à gagner à parler, surtout si l&#8217;on est « innocent », mais ce qu&#8217;on dira pourra amener de nouvelles pistes ou en fermer, et donc malheureusement permettre aux flics d&#8217;aller arrêter d&#8217;autres personnes, ce qui peut être évité, simplement en se taisant.</p>
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MISES EN SITUATION :<br />
IL NE FAUT PAS PRENDRE LES FLICS<br />
POUR PLUS BÊTES OU PLUS MALINS QU&#8217;ILS NE LE SONT</p>
<p>On est parfois effaré par l&#8217;apparente bêtise des flics (qui peut en outre s&#8217;avérer très réelle), ou bien au contraire effrayé par le sentiment qu&#8217;ils sont si bien informés qu&#8217;on est foutu d&#8217;avance. En général, ces deux impressions sont fausses, et en tout cas contre-productives. D&#8217;une part, il faut garder à l&#8217;esprit qu&#8217;on ne sait de la procédure que ce que les flics veulent bien nous en dire : cela peut très bien être un piège de leur part de cacher certains éléments qu&#8217;ils ont en leur possession, par exemple. D&#8217;autre part, ce serait une erreur d&#8217;adapter son comportement à celui des flics : on risque alors de se faire balloter de la posture défensive à l&#8217;agressivité, du déni à l&#8217;aveu, de tomber dans le piège bon flic/mauvais flic, etc. De toute façon, ils essayent toujours plusieurs techniques, plusieurs approches, pour trouver les points faibles de la personne qu&#8217;ils interrogent. L&#8217;important est donc de rester constant dans sa stratégie, et le meilleur moyen d&#8217;y arriver est bien évidemment de se taire. Voici quelques exemples d&#8217;attitudes que peuvent adopter les gardés à vue, et les dangers potentiels qu&#8217;elles font courir à l&#8217;ensemble des personnes mises en cause dans une affaire.</p>
<p>En résumé : ne pas jouer le héros, ne pas faire le nigaud.</p>
<p>LE BARATINEUR<br />
C’est celui qui pense embrouiller les flics avec des histoires à dormir debout. Il est toujours assez difficile de se sortir d’une histoire que l’on vient d’inventer, au bout du compte on en perd toujours le fil. Les flics notent tout ce qu’on peut leur dire, tandis que le baratineur retourne dans sa cellule où on le laisse cogiter 1h, 2h, le temps de s’emmêler. Ce qui est en réalité une vraie terreur psychologique : on cogite sur ce qu’on a pu dire, ce qu’on va devoir inventer ensuite, comment se sortir d&#8217;une contradiction, etc. Il peut paraitre difficile de ne pas parler en GAV, mais il est encore plus dur (et risqué) de s’embrouiller tout seul en cellule, ne sachant pas ce que d&#8217;autres personnes interrogées vont pouvoir raconter, ni ce qui se passe dehors.</p>
<p>LE CAÏD<br />
C&#8217;est celui qui pense que les flics sont trop bêtes et veut paraître sûr de lui, et leur faire comprendre qu’il gère la situation. Ce climat de confiance est le meilleur terreau pour une de leurs techniques : trouver de quoi le caïd aime parler. Ils le lancent sur n&#8217;importe quoi, le foot, la politique, les filles, et sans qu&#8217;il s&#8217;en rende compte le sujet dévie : il finit par lâcher des informations. Être trop sûr de soi</p>
<p>10<br />
c&#8217;est risquer de se faire piéger bêtement, comme tout le monde. En se taisant, on évite de se faire entraîner sur le terrain des flics, celui de l&#8217;enquête.</p>
<p>LE PERSO<br />
C&#8217;est celui qui pense ne parler que de lui et jamais des autres. Le problème c&#8217;est que « moi, mon histoire, ma version », ça n’existe pas dans une GAV. Il n&#8217;y a que des éléments dans des dossiers, chacun étant très policièrement relié aux autres. Par exemple, une enquête de flagrance et une enquête d’instruction peuvent s’entrecouper, et des personnes ne se connaissant  pas peuvent être impliqués dans la même affaire (interpellations en manif, par exemple). Penser que parler « seulement sur soi » va pouvoir épargner les autres, ou qu&#8217;on va mieux s&#8217;en sortir seul en parlant, est une grossière erreur. On n&#8217;a pas idée de ce que les flics ont derrière la tête. Dire que l&#8217;on ne connait untel que de vue, qu&#8217;on l&#8217;a seulement croisé à tel endroit, peut être désastreux, par exemple pour la personne en question si elle n&#8217;est pas censée s&#8217;être trouvée à cet endroit, ou pour soi car si on a fréquenté untel c&#8217;est que certainement on connait tel autre, etc. Encore une fois, tout est potentiellement utilisable par les flics pour faire des liens, recouper des infos, trouver des pistes pour charger. Mieux vaut ne pas faire cavalier seul, et rester discret sur soi et sa petite vie aussi.</p>
<p>LE NAÏF<br />
C&#8217;est celui qui se fait berner, qui croit tout ce que les flics essaient de lui faire gober : faux témoignages, fausses preuves, menaces, tout le fait flipper. On aurait tendance à penser que les preuves matérielles (photos, vidéos, relevés d&#8217;empreintes) sont assez solides pour pouvoir faire condamner quelqu’un, mais ce n’est pas le cas. Il faut savoir qu&#8217;aux yeux d&#8217;un juge ce ne sont pas des preuves, tant qu&#8217;on ne s&#8217;est pas reconnu sur les images. Se taire, même devant l&#8217;évidence, suffit à ce qu&#8217;elles ne puissent pas être utilisées comme preuves (ce qui ne veut pas dire qu&#8217;elles ne seront pas maintenues dans le dossier). Les flics ne peuvent pas tout savoir, et en tout cas on n&#8217;a rien à gagner à tout leur dire, car très souvent ils bluffent pour faire confirmer par un suspect de simples soupçons qui ne leur permettaient même pas de mener l&#8217;affaire devant un tribunal. « Allez on sait bien que c&#8217;est toi qui l&#8217;as fait&#8230; » et tous ces ridicules pièges ne doivent pas faire effet, il suffit souvent de leur opposer le silence pour tout désamorcer.</p>
<p>LA VIERGE EFFAROUCHÉE<br />
Elle s’étonne de se retrouver là, explique qu’elle n’a rien à faire dans cette histoire. Parfois, c&#8217;est feint, la vierge n&#8217;est pas toute blanche, et parfois, il arrive que les flics arrêtent quelqu&#8217;un qui n&#8217;a effectivement rien fait. Dans les deux cas, la vierge effarouchée est prête à raconter n&#8217;importe quoi et à balancer n&#8217;importe qui, pour</p>
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se sortir de cet enfer qu&#8217;elle n&#8217;a pas mérité. Parfois, c&#8217;est même inconsciemment : « Alors comme ça vous êtes un habitué de ce genre d&#8217;endroit? – Non, pas du tout, j&#8217;allais juste rendre visite à ma copine ! » Mais peut-être que ce qui les intéressait, c&#8217;était justement de prouver que ladite copine était à cet endroit à ce moment ! La vierge effarouchée risque seulement, en se débattant, de faire plonger d&#8217;autres personnes, voire de se retrouver réellement embarquée dans l&#8217;affaire (si les flics considèrent qu&#8217;elle semble décidément très proche d&#8217;un groupe surveillé, par exemple). Quand on n&#8217;a rien fait, on n&#8217;a rien à gagner à essayer de le démontrer : les flics n&#8217;enquêtent pas à décharge. Mieux vaut donc prendre son mal en patience.</p>
<p>Il y a certainement d&#8217;autres exemples à trouver. En tout cas, on voit qu&#8217;on peut vite passer de celui qui veut s&#8217;en sortir à celui qui balance, et de celui qui fait le malin à celui qui dit une connerie.</p>
<p>LES ARMES DE L&#8217;ENNEMI :<br />
PETITES TECHNIQUES DE MANIPULATION POLICIÈRE</p>
<p>Quand un flic pose une question, même si elle parait absurde ou anodine, au final il parvient toujours à avoir l’information qu’il veut, car c’est une manière détournée de faire dire ce qu’il a envie d’entendre. « Vous êtes allé à Paris le 12, c&#8217;était pour faire un braquage ? – Bien sûr que non, je suis allé voir ma sœur ! » Le flic a sa réponse : présence à Paris le 12, peu lui importe la raison qu&#8217;on lui donne. Cette information peut maintenant très bien venir s&#8217;intercaler entre les autres éléments du scénario qu&#8217;il a élaboré pour son enquête. Il existe bien sûr de nombreuses techniques d&#8217;interrogatoire, que nous ne détaillons pas ici (n&#8217;utiliser que des questions ouvertes, revenir constamment sur les questions précédentes, poser des questions-pièges parmi d&#8217;autres anodines).</p>
<p>Quand on ne parle pas ou pas assez à leur goût, les flics peuvent amener des « cadeaux de dernière minute » qu&#8217;ils sortent de leur manche, et là-dessus ils peuvent être très fort. Parmi ces surprises, des déclarations de témoins ou de personnes qui se font interroger en même temps, qu&#8217;ils peuvent évidement créer de toutes pièces. D&#8217;où la nécessité de s&#8217;être mis au clair avec ses proches et ses acolytes avant la GAV, ou sinon dans les cellules (on peut en général se faire entendre en criant très fort) sur le fait que personne ne doit rien dire, et ne rien signer. On est alors beaucoup plus serein face à ce genre de fourberie de la part des flics. Ils peuvent aussi parler de vidéos ou de photos accablantes, qu&#8217;on ne voit pas dans le dossier pour la simple raison qu&#8217;elles n&#8217;existent pas (sinon les flics ne se priveraient pas pour les montrer et en faire non plus une menace, mais un</p>
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moyen de pression bien réel pour obtenir des aveux). En clair, tant qu&#8217;ils prétendent avoir des preuves mais qu&#8217;ils ne montrent rien, c&#8217;est  simplement qu&#8217;ils n&#8217;ont rien. Et s&#8217;ils montrent quelque chose, c&#8217;est peut-être faux. On ne peut jamais faire confiance aux flics dans une enquête, tout est fait pour faire parler. Il ne faut jamais y croire, jamais confirmer ou commenter ce qui pourrait par la suite se révéler gênant, pour soi ou pour d&#8217;autres.</p>
<p>COROLLAIRE :<br />
NE PAS PARLER, NE PAS SIGNER</p>
<p>LES PV<br />
Ne pas avoir signé un PV, c&#8217;est une condition sine qua non pour pouvoir contester ce qui y est écrit. Mieux vaut ne rien signer, y compris le « PV de sortie » qui récapitule comment la GAV s&#8217;est passée, mais qui est souvent falsifié par les flics, car souvent ils ne respectent pas la procédure à la lettre ; on peut alors tenter d&#8217;obtenir une « nullité de GAV », ce qui légalement annule ce qui s&#8217;est passé pendant la GAV, comme la signalétique et le fichage génétique, ainsi que toute la procédure qui en découle. C&#8217;était assez rare mais il semble que depuis quelques mois ce type de démarche se généralise. En revanche il vaut mieux ne pas dire au début de l&#8217;interrogatoire qu&#8217;on ne va pas signer le PV d&#8217;audition, et demander quand même à le voir à la fin, ne serait-ce que pour voir ce que les flics y ont écrit. On peut aussi demander à faire des modifications ; s&#8217;ils ne veulent pas refaire le PV, il faut demander un stylo, faire les rectifications soi-même, et tracer un grand trait pour éviter les rajouts. Idem si on veut quand même signer un PV, un grand trait au-dessous du bas du texte évite les rajouts. C&#8217;est très important : signer ce genre de papier c&#8217;est dire qu&#8217;on est d&#8217;accord avec tout ce qui y est écrit.</p>
<p>LE FICHAGE<br />
À un moment la PJ prendra photos, empreintes digitales, éventuellement ADN du gardé à vue. Il faut savoir qu’il est toujours préférable et surtout possible de refuser, quand bien même les flics parlent de peines d’amende, voire de prison. Dans une GAV beaucoup de choses se jouent sur le bluff. De nombreux exemples montrent qu&#8217;on peut très bien s&#8217;en sortir, et même être relaxé (ne pas avoir de peine pour avoir refusé le fichage). Pour l’ADN les flics ont besoin d&#8217;un consentement écrit, qu&#8217;il est bien sûr possible de leur refuser, pour pouvoir fourrer leur sale coton-tige dans la bouche de quelqu&#8217;un. Il arrive, pour certaines affaires au moins, qu’ils le prennent à l&#8217;insu du suspect, en l&#8217;autorisant à fumer une cigarette dont ils récupèrent ensuite le mégot (et donc la salive qui se retrouve dessus), en lui prenant un vêtement (et donc des cheveux ou poils), ou en</p>
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ramassant les couverts après le repas en cellule. Il faut donc se méfier, et essayer de ne rien porter à sa bouche, ça vaut mieux. En tout cas, il faut être attentif à tout ce que l’on touche et jette, et surtout avoir à l&#8217;esprit dès le début de la GAV qu&#8217;on peut refuser le fichage. On peut tout refuser, même les photos. Par contre, une fois qu&#8217;on est fiché, c&#8217;est extrêmement compliqué (et même, souvent, impossible) de sortir des fichiers.</p>
<p>L’INTERVENTION DE L’AVOCAT<br />
L’avocat peut faire des observations écrites dans la procédure. Si l&#8217;on a peur de faire certaines déclarations devant les flics (sur les conditions d&#8217;interpellation ou de détention, ou d&#8217;éventuelles pressions par exemple) il est vivement conseillé de le faire devant l&#8217;avocat, qui les joindra au dossier. Tout dépend du rapport que l’on a avec l’avocat en question, mais il est préférable de poser d&#8217;emblée certaines bases. En fait, il vaut mieux être d&#8217;abord au clair avec soi-même, par exemple sur le fait de ne pas donner son ADN, de refuser la comparution immédiate ou de ne pas parler en GAV. Si jamais on tombe sur un avocat commis d’office, il est nécessaire d’imposer ces bases. Parfois ils sont jeunes et inexpérimentés, parfois vraiment nuls. Il faut garder à l&#8217;esprit qu&#8217;un avocat est un « conseil », ce n&#8217;est pas lui qui doit décider de la ligne de défense ou de l&#8217;attitude à adopter. Il est là pour vérifier l&#8217;application du droit, on peut donc d&#8217;emblée évoquer une éventuelle « nullité ». Le fait est que parfois il panique et transmet sa peur. Par exemple il peut être persuadé que refuser une comparution immédiate entraîne forcément un séjour en préventive, ce qui n&#8217;est évidemment pas le cas de façon systématique. Refuser cette comparution immédiate est très important, c&#8217;est l&#8217;assurance de pouvoir mieux préparer son procès, et donc essayer d&#8217;éviter les peines les plus lourdes.</p>
<p>RÉUSSIR À TENIR :<br />
TEMPORISER, ENROBER SON SILENCE</p>
<p>« JE N&#8217;AI RIEN À VOUS DIRE! »<br />
Parmi les droits du gardé à vue, on trouve celui de « ne rien déclarer », et celui de « faire ses propres déclarations » (concernant les conditions d&#8217;interpellation ou de détention, les pressions psychologiques, ou autres). Depuis une date assez récente (loi sur la sécurité intérieure, ou LSI, du 18 mars 2003), ceux-ci ne sont plus rappelés dans les notifications. Cela facilite le travail d&#8217;interrogatoire, où évidemment le but des flics est de vous faire répondre à leurs questions (et si possible avec leurs mots à eux). Mais ces droits sont toujours valables, il ne faut pas s&#8217;en priver et en faire usage jusqu&#8217;au bout, c&#8217;est-à-dire éventuellement en allant</p>
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jusqu&#8217;à essayer d&#8217;obtenir une « nullité » après la GAV, pour faire annuler la procédure.<br />
On peut inventer des raisons de ne pas leur parler (évoquer une histoire de famille qui fait qu&#8217;on ne peut pas leur faire confiance) tenir des revendications et leur faire comprendre que ce n&#8217;est qu&#8217;une fois ces conditions réunies qu&#8217;on consentira à leur parler (par exemple, des exigences d&#8217;hygiène ou de confort tout aussi absurdes qu&#8217;impossibles, comme un bon steak et une grosse couette), ou encore faire le naïf qui a trop regardé les séries télé américaines et qui déclare aux flics qu&#8217;il ne parlera « qu&#8217;en présence de son avocat », ce qui (pour l&#8217;instant) impossible en France. De plus, une fois passé l&#8217;entretien réglementaire avec l&#8217;avocat, on peut leur renvoyer qu&#8217;il conseille de se taire, et de refuser le fichage par-dessus le marché, pour essayer d&#8217;obtenir une « nullité » de GAV. On peut enfin simplement décréter qu&#8217;on ne comprend pas ce qu&#8217;on fait là et qu&#8217;on n&#8217;a rien à dire à la police, qui nous prend notre temps et nous importune : « je n&#8217;ai rien à me reprocher ».<br />
Dans tout les cas il ne faut pas entrer dans un débat ou commencer à argumenter avec les flics. On peut s&#8217;en tenir à des exigences et des déclarations, mais il ne faut jamais répondre à leurs questions.</p>
<p>L&#8217;ENNUI<br />
Comment tromper 24, 48, voire 96 heures d&#8217;ennui et de frustration ? Les moyens sont légion, les résultats incertains, mais en gardant en tête son objectif (ne pas parler !), on évite déjà de se prendre la tête sur la nouvelle histoire qu&#8217;on va devoir inventer, sur les conséquences de telle ou telle déclaration qu&#8217;on a déjà faite, etc. Ce n&#8217;est qu&#8217;un sale moment à passer, pour l&#8217;instant il s&#8217;agit de s&#8217;occuper. Faire des pompes, des abdos, ça permet d&#8217;évacuer un peu de stress, et de se sentir plus fort. Dormir est souvent la solution de facilité en GAV, surtout si on arrive alcoolisé ou en pleine nuit. Il faut bien se reposer sans trop se ramollir, pour pouvoir bien retenir toutes les informations utiles et les « bonus ».</p>
<p>LES BONUS<br />
En étant attentif à  l’environnement, et selon la bêtise de certains flics, on peut entrevoir certains éléments qu’ils essaient de cacher et qui permettent d&#8217;en savoir un peu plus sur leur enquête, et donc de s&#8217;éviter d&#8217;autres ennuis, ou encore de pouvoir prévenir des personnes qui pourront être « inquiétées » par la suite. Par exemple, sur un tableau mural dans les locaux où se déroulent les auditions, mais aussi sur le bureau, quand les flics discutent entre eux, au téléphone, dans le couloir, etc. on peut récolter une foule d&#8217;informations (y compris les noms des flics et des juges qui sont écrits sur les PV, qui permettent de différencier facilement les enquêtes).</p>
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EN RÉSUMÉ :<br />
GARDER LE SILENCE, RESTER ALERTE,<br />
SABOTER LE TRAVAIL DES FLICS</p>
<p>Tout le monde s&#8217;en sort toujours mieux quand personne ne parle. En GAV, c&#8217;est-à-dire dans les faits dès le moment de l&#8217;interpellation, ne rien dire aux flics quand ils posent une question : à qui est ce sac, où alliez-vous, connaissez-vous untel, autant de questions qui doivent rester lettres mortes. L&#8217;enquête, pour les flics, c&#8217;est tout le temps, il ne faut pas attendre l&#8217;interrogatoire pour la boucler, et lors des auditions dire « je n&#8217;ai rien à déclarer », et ne pas signer les PV, même s&#8217;il n&#8217;y a rien dedans, cela sera très utile pour contester la procédure. Par contre il faut toujours les relire quand même, pour savoir exactement ce que les flics ajoutent au dossier.</p>
<p>La « signalétique » va très vite, il faut se tenir prêt à arrêter la machine ! Empreintes, photos, ADN, on est toujours mieux sans une fiche à l&#8217;Identité Judiciaire. Il vaut mieux refuser tout prélèvement destiné au fichage. Bien sûr, on risque des ennuis si on refuse. Mais on risque surtout d&#8217;être emmerdé une fois dans les fichiers de police. Pour l&#8217;ADN, les flics peuvent récolter des cellules sur les vêtements, ou encore plus facile, en récupérant un mégot, des couverts ou une brique de jus de fruits. Il vaut mieux s&#8217;abstenir de fumer et éviter de porter quoi que ce soit à la bouche.</p>
<p>Il faut se méfier de tout ce que les flics racontent. Prendre sa situation très au sérieux est une chose, paniquer devant leurs déclarations en est une autre : la plupart sont des coups de bluff, ou alors des mensonges « par omission ». En cellule il faut savoir tromper l&#8217;ennui, ne pas se ramollir, garder la tête froide, bref, rester alerte, et ne rien lâcher.</p>
<p>Il est préférable d&#8217;accepter de voir l&#8217;avocat et le médecin. Cela permet au moins de faire une « pause » et de sortir un peu de  cellule. L&#8217;avocat n&#8217;a pas accès au dossier, ne sait de l&#8217;affaire que ce que le gardé à vue lui en dit, et il est peut-être mauvais ! Il n’a pas à se permettre des pronostics à l’emporte-pièce. Par contre il peut noter vos déclarations dans le dossier. Il est bon d&#8217;essayer de prendre le maximum d&#8217;informations sur la procédure, dans ce que les flics montrent, volontairement ou non : sur les tableaux, dans une discussion de couloir, au téléphone, etc. On peut ainsi parfois éviter des ennuis à quelqu&#8217;un.</p>
<p>Quand on sait qu&#8217;on risque de la GAV, mieux vaut « briefer » toute personne que les flics pourraient aller voir, pour qu&#8217;elle ne parle pas. Si on a prévu de donner le numéro d&#8217;un proche, il faut toujours le prévenir avant pour être sûr qu&#8217;il n&#8217;a rien à craindre des flics. Si un proche (frère, fille, mère, pote) est en GAV, et si l&#8217;on est convoqué par les flics ou qu&#8217;ils viennent poser des questions, on n&#8217;a aucune obligation de leur répondre, même en tant que témoin. Les flics prétendent toujours que des déclarations peuvent être d&#8217;un grand secours pour le gardé à vue, mais il n&#8217;en est rien, il est dangereux de dire quoi que ce soit.</p>
<p>Enfin, si à l’issue de la GAV on est emmené au tribunal, il faut refuser la comparution immédiate, pour pouvoir correctement préparer sa défense avec un avocat, et surtout ne rien avouer.</p>
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		<title>Décryptages de la guerre territoriale</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 17:56:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui est là est inachevé, comme une histoire inscrite dans les murs, celle des vaincus. Une histoire dont les traces fraîchement effacées nous appellent. Au coin d'une rue, dans une cour intérieure, quelques fissures laissent entrevoir ce qui se cache derrière la lourde couche de béton produite par l'époque.
Nous en sommes là, à chercher les traces de ce que nos anciens ont tenté de nous transmettre et que nos aînés n'ont pas su préserver de ce béton.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/affiche_ok.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-428" title="affiche_ok" src="http://www.gangrennes.info/wp-content/docs/affiche_ok-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a>Ce qui est là est inachevé, comme une histoire inscrite dans les murs, celle des vaincus. Une histoire dont les traces fraîchement effacées nous appellent. Au coin d&#8217;une rue, dans une cour intérieure, quelques fissures laissent entrevoir ce qui se cache derrière la lourde couche de béton produite par l&#8217;époque.<br />
Nous en sommes là, à chercher les traces de ce que nos anciens ont tenté de nous transmettre et que nos aînés n&#8217;ont pas su préserver de ce béton.</p>
<p>A la question qu&#8217;est-ce qu&#8217;on aura laissé, on répondra comme ils l&#8217;on déjà fait, des traditions de lutte, des acquis sociaux. Ou alors, peut-être n&#8217;aura-t-on plus besoin de répondre, car ce qui aura résisté à l&#8217;intégration métropolitaine, qui l&#8217;aura vaincu même, ne sera plus recouvert par les matières et les affects qui nous séparent chaque jour un peu plus d&#8217;une certaine idée du bonheur.</p>
<p>Imaginons par exemple, une manière d&#8217;habiter les rues, de s&#8217;y mouvoir, de s&#8217;y rencontrer, d&#8217;y faire la fête.<br />
Une manière qui échappe à la médiation sociale, aux rites de passages et autres conneries qu&#8217;on nous assène pour justifier des pathologies de l&#8217;époque.<br />
Imaginons simplement que nous nous trouvons là au coin d&#8217;une rue, avec ou sans alcool, contre la chaleur incandescente d&#8217;un feu de joie, disponibles à se laisser gagner par ce qui nous est interdit.<br />
Imaginons maintenant, que nous débordions de nos maisons, nos apparts, nos cages existentielles, que nous décidions de nous organiser ensemble, pour arracher les espaces à la mesure de nos besoins, de nos désirs. Un, deux, des dizaines de gros lieux d&#8217;auto-organisation, pour mettre en partage nos savoirs et nos envies, nos forces et nos sensibilités.</p>
<p>Des tentatives ont déjà existé à Rennes, la dernière en date remontant à l&#8217;ouverture le 17 octobre dernier d&#8217;une maison au 47 rue de paris. Tout juste deux semaines après l&#8217;installation, c&#8217;est quelques dizaines de flics et d&#8217;agents du GIPN qui se sont présentés sur-armés pour expulser ses occupants.<br />
Cette situation n&#8217;a rien de surprenant, elle accompagne une politique municipale et préfectorale qui se donne les moyens d&#8217;en finir avec tout ce qui n&#8217;est pas parfaitement intégrable au devenir métropolitain de la ville.<br />
A en juger des déclarations de l&#8217;actuel préfet, elle mène une guerre territoriale qui flirte parfois avec le vieil imaginaire de la France de 40 (1).<br />
Pour peu que tu habite dans le mauvais quartier, avec la mauvaise couleur, que tu ne payes pas ton loyer ou ton ticket de métro, ou que tu te trouve dans la mauvaise manif, il faudra que tu supportes seul les œdèmes et les tumeurs qu&#8217;on à bien voulu t&#8217;attribuer. Tu est le corps malade de cette ville, incompatible à toutes les perspectives d&#8217;un devenir propre, autorégulé, médié par un hygiénisme implacable.<br />
C&#8217;est ça la guerre, ni plus ni moins, le contrôle du territoire et des vies qui s&#8217;y déploient.<br />
Mais bien pauvre idée de la guerre est celle qui élabore ses stratégies sur le plan répressif uniquement. Et la métropole l&#8217;a parfaitement compris. Là où elle doit gagner avant tout, c&#8217;est sur le terrain des sensibilités. A tout prix il faut nous convaincre que ce que nous désirons se trouve dans la palette de ce qu&#8217;on nous propose, à tout prix il faut nous faire oublier que d&#8217;autres horizons puissent être imaginer.<br />
La guerre territoriale est aussi une guerre de mobilisation.<br />
Ici, à l&#8217;ouest de la ville on construit un nouveau quartier, la COURROUZE, un énorme complexe d&#8217;habitations et de commerces résidentiels; l&#8217;association parfaite entre les nouvelles formes d&#8217;urbanismes, la redéfinition du travail et le respect de l&#8217;environnement. Là ou 40 ans plus tôt on construisait des grand ensemble sans voir venir l&#8217;explosion promise par ce type d&#8217;aménagement, on élabore aujourd&#8217;hui une nouvelle approche de la ville et de l&#8217;habitat et on détermine en même temps les dispositions existentielles compatibles avec cette approche. Un quartier composé de &laquo;&nbsp;trieurs d&#8217;élites&nbsp;&raquo; et de parfais éco-citoyens fonctionnant sur un système économique rentable et durable, et garant d&#8217;une compilation de « bien être individuels » partageant poubelles de tri et air de compost. Voilà l&#8217;avenir radieux du capitalisme vert, décentralisé et participatif<br />
Qu&#8217;est ce qui change fondamentalement, rien.<br />
C&#8217;est le même désastre affectif et existentiel, l&#8217;approfondissement du même devenir mortifère avec comme toile de fond la caution écologique et la fausse promesse d&#8217;une sortie de crise.<br />
Et c&#8217;est la même réalité qui voit la transformation du centre ville, son déplacement vers les champs de mars et l&#8217;élaboration presque achevé d&#8217;une nouvelles archéologie des flux et de la fête.<br />
Il a fallu plusieurs années au pouvoirs publics pour comprendre que les flics ne suffiraient pas à désengorger la rue de la soif, plusieurs années pour voir apparaître les premiers médiateurs, distribuant les bon points aux bons comportements, rappelant à l&#8217;ordre ceux qui ne savent pas &laquo;&nbsp;vivre en intelligence&nbsp;&raquo; et trouvant refuge dans la brigade d&#8217;intervention quant la situation leur échappe. Le centre ville se dépeuple peu à peu, laissé aux nouveaux riches et promis au entrepreneurs auxquels on abandonne le couvent des jacobins sous l&#8217;œil inquisiteur des caméras désormais incontournable.<br />
La fête dans le vieux centre est en train de disparaître à petit feu, elle mute vers les reliquats du dazibao et autres nozambules insomniaques, elle est, à n&#8217;en pas douter, un des levier essentiel du devenir métropolitains de rennes.<br />
Alors, il faut peut-être partir de cette idée, qu&#8217;elle constitue un des lieu privilégié du conflit, qu&#8217;elle pourrait être un des chemins dans lequel les traces deviendraient ineffaçables et trouveraient à s&#8217;ajouter à celles retrouvées des vaincus.</p>
<p>1. Il déclarait à l&#8217;occasion d&#8217;une discussion baptisée « A qui appartient le centre ville », qu&#8217;il fallait bien reconnaître que les sans papiers prenaient les places des SDF français dans les centres d&#8217;hébergement et qu&#8217;on devait y voir une des causes principale des problème de logement à rennes.</p>
<p>Appel à Texte et à Illustration.<br />
Faites circuler vos analyses sur le devenir urbain de rennes, sa mutation permanente; Rendez visibles ce qui se trame par chez vous, dans votre quartier, votre rue, votre immeuble et que le passant extérieur ne remarque pas toujours; Faites partager vos tentatives de résistances aux projets urbains et culturels de rennes métropole. Racontez vos expériences de réappropriation de l&#8217;espace, de la ville; racontez les fêtes, les rencontres, les liens, les histoires&#8230;<br />
Toute cette matière pourrait être apportée et distribuée lors de la réunion publique (dans cette idée chacun pourrait dupliquer son apport en plusieurs exemplaires). Et on pourrait imaginer de se revoir pour retravailler tout ça en vue, pourquoi pas, de confectionner une brochure&#8230;</p>
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		<title>Invitation à une réunion publique pour la grève des chômeurs</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 16:09:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[La Cantine Populaire]]></category>
		<category><![CDATA[MCPL Rennes]]></category>
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		<description><![CDATA[Réunion publique le mardi 16 mars 18 h à la cantine populaire, 244 rue de Nantes à Rennes, en vue de la création d’un collectif unitaire]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>INVITATION A TOUS CEUX QU’INTERESSE DE PRES OU DE LOIN, L’EMERGENCE D’UN MOUVEMENT DE CHOMEURS</p>
<p>Réunion publique le mardi 16 mars 18 h à la cantine populaire, 244 rue de Nantes à Rennes, en vue de la création d’un collectif unitaire</p>
<p>bonjour,<br />
comme chacun sait, la &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo; que nous connaissons depuis la fin 2008 s&#8217;est traduite avant tout par une augmentation impressionnante du nombre de licenciements et une explosion du chômage. La bourse, les banques, certains secteurs de l&#8217;économie se sont depuis refait une santé, mais la situation des classes populaires n&#8217;a quand à elle cessé de se dégrader.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, plusieurs millions de personnes en sont réduites à des minimas sociaux pour survivre, et un million de chômeurs arrive en fin de droit, dont près de la moitié n&#8217;aura droit à rien du tout. C&#8217;est dans ce contexte que du 20 novembre au 5 décembre dernier ont été organisées des marches régionales et des manifestations contre le chômage et la précarité dans une dizaine de villes en France. A Rennes, la préfecture a interdit la manifestation, qui a été violemment réprimée par la police (plusieurs blessés dont un gravement, quatre condamnations pour des délits imaginaires ou des cas de légitime défense). Une suite de manifestations a été organisée au cours des semaines suivantes pour soutenir les inculpés, dénoncer la répression et la collusion des différents pouvoirs dans cette affaire (préfecture, mairie), et marquer la volonté des chômeurs et précaires de refuser leur rôle de victimes passives de la &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, à l&#8217;échelon national, après le demi-succès du 5 décembre, force est de constater que les collectifs n&#8217;ont pas réussi à provoquer un mouvement qui les dépasse, et cela quels que soient les collectifs, les mots d&#8217;ordre, les stratégies suivies. Les grandes formations politiques semblent quant à elles aujourd&#8217;hui plus préoccupées par les échéances électorales de mars que par les conditions de vie présentes des pauvres et des précaires. Espérons que cela sera passager.</p>
<p>Pour notre part, nous pensons que ce combat ne peut être remis à plus tard. L&#8217;urgence pour les précaires, par delà leurs difficultés matérielles grandissantes, est bien de renverser la chape de fatalisme qui pèse sur eux, le sentiment que rien ne peut advenir hors d&#8217;une plus ou moins éphémère &laquo;&nbsp;embellie&nbsp;&raquo; économique, ou d&#8217;un accès de philanthropie du gouvernement et du MEDEF, inquiets de passer trop souvent pour de simples négriers.</p>
<p>Un mouvement politique des précaires, à la base, aurait d&#8217;abord pour vocation à dénoncer et à relâcher la pression à laquelle sont soumis les chômeurs, pression entretenue par les dispositifs de suspicion et de culpabilisation mise en oeuvre par Pôle Emploi, par la quasi impossibilité de s&#8217;en sortir avec les minimas sociaux, par la pénurie et la précarisation structurelle de l&#8217;emploi.</p>
<p>Un mouvement permettrait aux chômeurs de s&#8217;adresser en tant que sujets aux institutions chargées de gérer leur situation, et non comme simples objets ou usagers d&#8217;un &laquo;&nbsp;service&nbsp;&raquo; sur lequel ils n&#8217;ont aucune prise. Il leur permettrait également de souffler en leur garantissant immédiatement le revenu qui leur permet de tenir, revenu toujours plus soumis aujourd&#8217;hui à des conditions qui ressemblent à s&#8217;y méprendre à du chantage à la radiation, revenu dont la part d’indemnisation chômage proprement dite, notoirement insuffisante, ne cesse de décroître. Et il leur permettrait également de prendre une distance salutaire à l&#8217;égard de l&#8217;actuel marché du travail et à l&#8217;injonction des différents pouvoirs à s&#8217;y conformer, libérant du temps pour une réflexion individuelle et collective quant au type de travail que nous jugeons réellement désirable, épanouissant et profitable à la collectivité.</p>
<p>Le Mouvement des Chômeurs et Précaires en lutte de Rennes (MCPL) a nommé grève des chômeurs un tel processus qui suspendrait la course à l&#8217;emploi et à l&#8217;employabilité à quoi est censée se réduire la vie des chômeurs. Ce mot d&#8217;ordre, pour différentes raisons, n&#8217;a pas été jugé approprié par certains: soit qu&#8217;il ne se comprenne pas assez spontanément, soit qu&#8217;il soit jugé abusif –la grève serait inséparable d’un « contrat de travail » (mais les grèves étudiantes ?)-, soit qu’il semble mettre de côté les salariés précaires. Mais pour le plus grand nombre des militants, l&#8217;objection est peut-être au fond la suivante: que la plupart des chômeurs (et nous ne le contestons pas) veulent trouver un emploi, et donc que les revendications devraient être celle de la création d&#8217;emploi, du plein emploi&#8230; Reste à savoir si cette aspiration élémentaire à une activité de travail reconnue par la collectivité ainsi qu&#8217;à des moyens de subvenir à ses besoins doit nécessairement en passer par l&#8217;emploi salarié, la vente de marchandises ou la réalisation de plue-value&#8230; A notre avis, tous ceux qui se disent anticapitalistes ne devraient jamais perdre de vue la nécessaire et immédiate remise en cause, à chaque mouvement social, de l&#8217;organisation capitaliste du travail. Une idée coopérative, non hiérarchique, non lucrative et écologique du travail doit être affirmée par la gauche radicale, faute de quoi on risque de faire chorus avec le discours dominant sur la vertu du travail en soi (pourtant condamné à l&#8217;évidence par le désastre écologique en cours), et de passer complètement à côté de l&#8217;insatisfaction, de la triste résignation ou de la colère des &laquo;&nbsp;chanceux&nbsp;&raquo; qui &laquo;&nbsp;ont&nbsp;&raquo; du travail. Nous aimerions que vous veniez en débattre, afin d&#8217;exprimer accords et désaccords et de lever les malentendus sur cette question.</p>
<p>Nous pensons également que pour qu&#8217;un mouvement prenne (à moins qu&#8217;il ne prenne sans nous), il est indispensable de donner un signal fort, encourageant, que quelque chose commence. Nous voudrions proposer à tous les collectifs de chômeurs et précaires ainsi qu&#8217;à toutes les organisations politiques et syndicales intéressées le dépôt d&#8217;un &laquo;&nbsp;préavis de grève&nbsp;&raquo; des chômeurs. L&#8217;idée serait, dans le plus grand nombre de villes possible le même jour, d&#8217;appeler les chômeurs et précaires à investir avec nous un Pôle Emploi et d&#8217;y tenir une assemblée générale permanente. L&#8217;objectif serait de maintenir cette présence dans la durée et d&#8217;imposer à l&#8217;institution l&#8217;existence d&#8217;un contre-pouvoir dans ses locaux, nous permettant d&#8217;informer les chômeurs sur leurs droits, d&#8217;échanger quant à nos expériences de précaires, de régler les dossiers litigieux, d&#8217;accompagner les chômeurs à leurs entretiens s&#8217;ils le souhaitent, de réinscrire immédiatement des personnes radiées, d&#8217;annuler des suivis mensuels obligatoires non désirés, d&#8217;exiger des rendez-vous quand au contraire l&#8217;urgence s&#8217;en fait sentir&#8230; Cela pourrait également être l&#8217;occasion de mettre en place certaines pratiques de solidarité élémentaire, par exemple des repas collectifs quasiment gratuits, dans un lieu et un contexte qui ne soit pas stigmatisant. Nous voudrions également marquer notre solidarité avec les agents de Pôle Emploi dont un nombre important a récemment fait montre d&#8217;une certaine résistance aux politiques gouvernementales (refus d&#8217;appliquer la loi sur l&#8217;Offre Raisonnable d&#8217;emploi, grèves récurrentes pour dénoncer la dégradation du service&#8230;)</p>
<p>Nous n&#8217;aurions pas nécessairement vocation à rester ad vitam aeternam dans un Pôle Emploi, puisque bien d&#8217;autres espaces économiques et institutionnels &laquo;&nbsp;méritent&nbsp;&raquo; tout autant d&#8217;être investis de la sorte. Mais il nous semble important pour enfin commencer, de privilégier d&#8217;abord la concentration dans le temps et l&#8217;espace, en faisant le choix d&#8217;un lieu on ne peut plus symbolique du sort fait aux chômeurs, qui traverse par ailleurs une crise profonde (dont témoignent l&#8217;exaspération partagée aussi bien par les chômeurs que par les conseillers) et incarne on ne peut mieux les contradictions inextricables dans lequel se débat le gouvernement sur cette question (création par la fusion d&#8217;un super organisme mais recours massif à la sous-traitance, accumulation d&#8217;un arsenal répressif contre les chômeurs et incapacité à s&#8217;en servir&#8230;)</p>
<p>La coordination régionale des collectifs de chômeurs et précaires de Bretagne (AC ! Rennes,  Saint-Brieuc, Quimper, Lannion, MNCP Morlaix, MCPL, collectif brestois en marche contre l’injustice sociale) a décidé le 20 février dernier d’appeler chômeurs et précaires à la grève et à l’occupation des Pôles Emplois à partir du 3 mai. Elle invite également l’ensemble des organisations politiques et syndicales à relayer cet appel.</p>
<p>Nous aimerions savoir ce que vous pensez de cette proposition, et discuter avec vous de ce sur quoi il y a aurait à se mettre d&#8217;accord, mots d&#8217;ordre, formes d&#8217;action, revendications&#8230;, pour que nous puissions coopérer en ce sens. Nous pensons que pour lancer un tel mouvement (même avec d&#8217;autres points de départ&#8230;), il est indispensable que dans le plus grand nombre de villes, des collectifs unitaires se créent et se mettent d&#8217;accord sur des bases communes, une plate-forme qui soit respectueuse des différentes sensibilités&#8230; Cette discussion à laquelle nous vous invitons se veut la première étape d&#8217;un tel processus.<br />
En comptant sur votre présence,</p>
<p>Le Mouvement des Chômeurs et précaires en Lutte de Rennes</p>
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		<title>Lundi 1er mars : délibéré du jugement de Jonathan et Alan membres de 44=Breizh</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 10:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lundi 1er mars : délibéré du jugement de Jonathan et Alan
Nous vous appelons à participer au rassemblement de soutien organisé à partir de 13h à Nantes devant le palais de Justice. Alors que les deux militants ont vu une peine requise de 750 euro d&#8217;amende à leur encontre le mois dernier, de mois en mois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lundi 1er mars : délibéré du jugement de Jonathan et Alan</p>
<p>Nous vous appelons à participer au rassemblement de soutien organisé à partir de 13h à Nantes devant le palais de Justice. Alors que les deux militants ont vu une peine requise de 750 euro d&#8217;amende à leur encontre le mois dernier, de mois en mois nous constatons le caractère répressif du système policier et judiciaire français. En effet le 1er février dernier les avocats de nos deux camarades ont clairement démontré le côté arbitraire et injustifiable de leurs arrestations. Il est ressorti des propos des policiers intérrogés que la rébellion dont Alan et Jonathan étaient accusés ne pouvait etre caractérisé que par le simple fait &laquo;&nbsp;qu&#8217;il s&#8217;était levé à la terrasse d&#8217;un café&nbsp;&raquo; pour Alan, et parce qu&#8217;il était &laquo;&nbsp;debout&nbsp;&raquo; pour Jonathan.<br />
Alors que la police s&#8217;est livrée à un acte de vengeance politique clairement antidémocratique à la sortie du procès le 1er février (un des militants de 44=Breizh avait été arrété et placé une nuit en garde à vue sans raison, avant de sortir sans aucune poursuite !), nous verrons lundi 1er mars si la justice française en Bretagne est si juste et indépendante qu&#8217;elle le prétend. Au vue des éléments apportés le 1er février ( nombreux témoignages, incohérence des procédure, &#8230;) nos deux camarades devraient être en théorie relaxés.</p>
<p><strong>Source :</strong>  44=Breizh</p>
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		<title>Retour sur le carnaval à Rennes</title>
		<link>http://www.gangrennes.info/article/406</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 16:46:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[à rennes le carnaval c&#8217;est l&#8217;avant-garde du capital
    Bref compte-rendu du carnaval de rennes : A rennes depuis quelques années les artistes de rues subventionnées par la mairie, tente de faire revivre le carnaval. Essayons d&#8217;y décire l&#8217;ambiance, à vue d&#8217;oeil 500 personnes, plusieurs chars surlequels beuglent les organisateurs à coups « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>à rennes le carnaval c&#8217;est l&#8217;avant-garde du capital</p>
<p>    Bref compte-rendu du carnaval de rennes : A rennes depuis quelques années les artistes de rues subventionnées par la mairie, tente de faire revivre le carnaval. Essayons d&#8217;y décire l&#8217;ambiance, à vue d&#8217;oeil 500 personnes, plusieurs chars surlequels beuglent les organisateurs à coups « nous sommes les enfants du peuple », « nous somme positifs,constructifs ». Le défilé est ponctué de quelques arrêts du carrément grotesque (on plante des journaux pour faire pousser des arbres place de bretagne) au carrément cynique (on acccroche des bavoirs sur le commissériat pour commémorer les bavures). Difficile d&#8217;y faire la fête quand la seule chose qui y est célébré c&#8217;est la vrai nature de la société enfin réunie. Quelques gestes sont tentés pour malgré tous laisser des traces : des jets de peinture sur un commissériat et une banque, quelques pochoirs et tags, mais là où les artistes ne sufisent pas la police prend le relais, Bac et RG se font présents près à intervenir à tous gestes allant trop loin. Et un texte est distribué :</p>
<p>Pendant longtemps, le carnaval était le jour où tous les interdits étaient bravés et le pouvoir parodié. Masqué, chacun s&#8217;ingéniait à se comporter de façon exactement contraire à la bienséance sociale. Mais tout le lendemain tout revenait dans l&#8217;ordre. Rien n&#8217;avait changé. La veille n&#8217;avait été qu&#8217;un désolant simulacre de la suspension de la domination et du renversement de l&#8217;ordre. Le carnaval n&#8217;avait été qu&#8217;une respiration collective circonscrite et autorisée pour le déploiement de tous les excès, un mime du désordre sans aucune conséquence. L&#8217;image du roi avait été brulée par ses bouffons pour mieux l&#8217;acclamer à l&#8217;aube de la nouvelle année. Loin de remettre en cause le pouvoir institué, le carnaval, comme « un bol d&#8217;air nécessaire et un élan vital », le nettoyait, le purifiait, l&#8217;asseyait. Une vaste plaisanterie.</p>
<p>Tels les rois des anciens temps, les princes de la métropole n&#8217;ont pas dérogé à la tradition. Pour cette journée, où les pauvres deviennent roi et où le roi revêt les habits du pauvre (ses conseillers l&#8217;ayant assuré qu&#8217;il avait tout à y gagner), toute la cité se mobilise : les uns en « déambulant », les autres en subventionnant. Les rois y sont attachés au moins autant que le sont leurs bouffons. Au carnaval rennais, derrière les masques, c&#8217;est la mairie elle-même qui déambule, met en scène toutes sortes de bouffonneries offre des fleurs aux flics, envahit les champs libres, « lèche (littéralement) les vitrines » et lance des pavés en mousse sur la CAF. C&#8217;est Delaveau qui se déguise en reine d&#8217;Angleterre et Joucquand en scaramouche. Le carnaval c&#8217;est le pouvoir qui rit de lui-même. Nous sommes tous d&#8217;accord, dans cette grande farce, « rires et ironie font bon ménage avec la critique sociale et la politique ».</p>
<p>Qu&#8217;est ce que le pouvoir pourrait craindre de toute cette mascarade, sinon que le carnaval se prolonge et que certains carnavaliers refusent de retourner à leur place ? A Romans, en 1580, le carnaval s&#8217;était transformé en une véritable guerre des paysans menée contre les possédants qui croyaient encore jouer à une temporaire inversion des valeurs.</p>
<p>Nous l&#8217;admettrons tous, le carnaval porte en lui la possibilité d&#8217;un véritable renversement. En formulant l&#8217;abject de cette société, le mime et le grotesque pourraient réveiller le désir refoulé d&#8217;en finir pour de bon avec l&#8217;ordre des choses. Mais, ce désir, en s&#8217;épuisant d&#8217;année en année dans les formes creuses de la représentation, se vide de toute puissance. Et si, pour une fois, le carnaval ,ne s&#8217;arrêtait pas ce soir ? Et si, pour une fois, , nous n&#8217;enlevions pas nos masques, laissons le roi avec ses guenilles, nous ne nous contentions pas d&#8217;un seul jour férié pour mardi gras et restions dans la rue ? Et si, nous déclarion le carnaval permanent ?</p>
<p>Le carnaval continue ! Retrouvons-nous au bar chez Ramon et Pedro le mercredi 24 février à 18h00 pour une discussion sur les possibilités de réappropriation de la rue et de la fête. (Rue JM Duhamel &#8211; Métro Gare &#8211; Rennes)</p>
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		<title>La mairie de Rennes, en accord ou sur une demande de la Croix rouge, fait évacuer par les forces de l&#8217;ordre une quinzaine de demandeurs d&#8217;asile somaliens</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 15:37:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mercredi 10 février 2010, une dizaine de demandeurs d'asile somaliens, arrivés depuis trois jours à Rennes, ont vers 13:00, en préfecture d'Ille-et-Vilaine, tenté d'obtenir auprès de l'autorité concernée, conformément à la loi, un hébergement.

Pour toute réponse, ils n'ont obtenu qu'une stricte interdiction d'entrer en préfecture et l'injonction de s'en remettre au 115 malgré la certitude que rien ne leur serait proposé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mairie de Rennes,  en accord ou sur une demande de la Croix rouge,  fait évacuer par les forces de l&#8217;ordre une quinzaine de demandeurs d&#8217;asile somaliens retranchés à la Pause&#8230;.</p>
<p>Mercredi 10 février 2010, une dizaine de demandeurs d&#8217;asile somaliens, arrivés depuis trois jours à Rennes,  ont vers 13:00, en préfecture d&#8217;Ille-et-Vilaine, tenté d&#8217;obtenir auprès de l&#8217;autorité concernée, conformément à la loi, un hébergement.</p>
<p>Pour toute réponse, ils n&#8217;ont obtenu qu&#8217;une stricte interdiction d&#8217;entrer en préfecture et l&#8217;injonction de s&#8217;en remettre au 115 malgré la certitude que rien ne leur serait proposé.</p>
<p>Inopinément présents sur place, pour d&#8217;autres circonstances toutes aussi dramatiques, des militants du Dal35 prirent les devants et signalèrent par téléphone à l&#8217;élue de permanence de la Ville de Rennes, rencontrée le matin, qu&#8217;aux 25 personnes sans hébergement signalées, devait être ajouté ce groupe.</p>
<p>Transis de froid et affamés, sans idée où aller, nous les avons invités à se rendre au lieu d&#8217;accueil dénommé La Pause, ouvert entre 20:00 et 23:00, un local municipal mis à disposition des sans-abri et géré par la Croix rouge.</p>
<p>Durant l&#8217;après midi, le Dal35 a appelé à une mobilisation de soutien en diffusant largement l&#8217;information de ce rendez-vous sur le net. Au point que les bénévoles de la Croix rouge nous attendaient pour nous signifier que si naturellement ils accueilleraient les migrants somaliens, une interdiction était donnée aux militants de Dal35 de pénétrer dans les lieux.</p>
<p>Vers 20:30, un groupe de somalien plus important que prévu est entré dans le local géré par la Croix rouge.</p>
<p>A cette même heure, le Dal35 a sollicité les bénévoles et l&#8217;équipe encadrante pour que la municipalité Rennaise soit avertie de la présence effective des migrants et de leur intention de demeurer dans les locaux tant qu&#8217;aucune autre proposition ne leur serait faite.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est qu&#8217;aux alentours de 23:30 que les choses se clarifièrent.</p>
<p>La préfecture confirma ne pas vouloir céder à ses obligations d&#8217;hébergement, même par une nuit glaciale et neigeuse. La Ville de Rennes bien qu&#8217;ayant tenté une négociation pour obtenir une solution transitoire renonça et sur demande ou en accord avec la Croix rouge ordonna à la police nationale d&#8217;évacuer les lieux.</p>
<p>Une évacuation fermement exécutée à minuit.</p>
<p>Nul ne peut plus douter qu&#8217;en Ille-et-Vilaine, les demandeurs d&#8217;asile, n&#8217;ont plus aucun droit autre que celui de disparaitre &#8230;.</p>
<p><strong>Source :</strong> <a class="linkification-ext" title="Linkification: http://dal35.blogspot.com/2010/02/rennes-un-ticket-pour-lenfer.html" href="http://dal35.blogspot.com/2010/02/rennes-un-ticket-pour-lenfer.html">http://dal35.blogspot.com/2010/02/rennes-un-ticket-pour-lenfer.html</a></p>
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		<title>Obligation vaccinale et le puçage électronique. Rencontre</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 15:34:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Invitation aux paysans opposés à la vaccination FCO obligatoire et au puçage électronique des troupeaux, à une discussion avec le mouvement des chômeurs et précaires de Rennes, autour d’une proposition d’action commune]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Invitation aux paysans opposés à la vaccination FCO obligatoire et au puçage électronique des troupeaux, à une discussion avec le mouvement des chômeurs et précaires de Rennes, autour d’une proposition d’action commune</p>
<p>Ce n’est un secret pour personne, l’agriculture subit toujours plus durement l’offensive du rationalisme économique. De la crise du lait en passant par la chute des revenus généralisée, chacun peut mesurer combien s’opacifie l’avenir pour celles et ceux qui tiennent encore à leur vie « paysanne ». Mais nombreux sont ceux qui pensent que nous aurions tort de nous focaliser uniquement sur cette situation de non rémunération de nos activités, au risque de ne pas voir ce qu’il advient de l’agriculture par ailleurs. Par ailleurs, c’est-à-dire l’offensive lancée à l’égard des paysans à travers les normes sanitaires qui se multiplient. Nous faisons allusion en particulier à la vaccination obligatoire contre la FCO et au puçage électronique des brebis dès 2010 et d’ici peu pour les bovins.</p>
<p>Pour celles et ceux qui pensent que l’agriculture reste encore l’endroit d’une aventure avec le vivant, ces normes n’ont de raison d’être que pour mieux nous enfermer dans une logique industrielle qui n’a de cesse que de considérer le vivant comme une machine réductible à quelques paramètres maîtrisables à merci. Cette « aventure avec le vivant » est sans doute ce que la politique en matière agricole a trop facilement abandonné aux passions technicistes pour sentir l’impérieuse nécessité de s’en emparer sérieusement.</p>
<p>Pour beaucoup l’arrivée du puçage n’est qu’une modernisation anecdotique du vieux système de traçabilité qu’était l’étiquetage auriculaire. En rester là, c’est ne pas voir que ce qui nous est vendue comme une nécessité n’est en fait qu’une nécessité industrielle qui n’a rien à voir avec nos réalités d’éleveurs. Accepter ce fait sans broncher c’est donc faire allégeance une fois de plus à l’industrie et avancer toujours plus vers notre devenir « sous-traitant de l’agro-industrie ». Pour celles et ceux qui se vivent « éleveurs » autrement que comme « producteurs » d’animaux, c’est-à-dire qui « avouent » des relations avec leur troupeau bien ailleurs que sous le règne du rationalisme économique et industriel il y a une agression qui ne peut rester sans réaction au risque de nier le sens de ce que nous vivons.</p>
<p>De même, quant à l’obligation vaccinale qui nous est faite, nous mesurons combien ce que la logique industrielle bureaucratisée néglige c’est tout autant l’autonomie de l’éleveur dans sa capacité à faire des choix, que l’autonomie même des animaux en matière d’immunité. Nous ne ferons pas semblant de découvrir seulement aujourd’hui que l’enjeu industriel est bien d’éteindre cette autonomie en tant que potentialités créatrices, qui fait que la vie se distingue fondamentalement d’un logiciel et qu’elle vaut encore la peine d’être vécue.</p>
<p>En tant que paysans qui tenons encore à nos formes de vie, nous ne sommes donc pas uniquement sous la menace de l’économie, mais bien aussi sous la menace d’une bureaucratie qui a trouvé sa nouvelle légitimité dans la gestion de la catastrophe désormais acceptée par tous pour mieux maîtriser ce que les « lois du marché » ne contrôlent plus.</p>
<p>L’organisation d’une opposition à la vaccination obligatoire laisse espérer que cette analyse est encore partagée, au moins partiellement, malgré l’industrialisation déjà bien avancée de l’agriculture. Mais nous savons tous en tant que paysans que nous ne pouvons que difficilement compter sur notre capacité à installer un rapport de force suffisamment conséquent pour être efficient, sinon à enfermer nos luttes dans l’enceinte des tribunaux qui ne manqueront pas de se rappeler à nos bons souvenirs. Cette lettre constitue donc une proposition de lier à notre lutte un mouvement social en cours, celui des chômeurs et précaires, avec lequel nous partageons au moins un regard critique sur ce qu’est le travail aujourd’hui. La manière dont les chômeurs subissent le contrôle social et se voit dicter leur vie par la bureaucratie sociale n’est pas non plus sans point commun avec la réalité paysanne. L’intérêt à se réapproprier nos vies (pour le dire vite et trop simplement) n’est pas non plus la moindre des choses qui nous rapproche.</p>
<p>Au-delà de ces premiers mots, nous sommes quelques uns, éleveurs et chômeurs, à avoir envie d’une discussion autour de ces enjeux, avec dans l’idée de déboucher sur des actions communes à l’encontre notamment des institutions chargées d’appliquer l’obligation vaccinale et le puçage électronique.</p>
<p>Si cette perspective d’action va de soit pour des paysans en lutte contre ses obligations, du côté des chômeurs la manière dont il est envisagé de s’emparer de ces questions est un détournement d’une des multiples injonctions que subit un chômeur. Celui-ci est notamment incité en permanence à réévaluer ses compétences et son adaptation au monde du travail. On lui propose pour ça ce qu’ils appellent une « Evaluation en Milieu de Travail », à savoir un travail de merde, bénévole, au profit d’une ignoble entreprise. En tant que chômeurs, nous entendons refuser de répondre à ses injonctions et élaborer notre rapport au travail de manière autonome. Cela prendrait la forme d’enquêtes critiques en milieu de travail. Ce serait l’occasion autant de réfléchir sur les conditions d’un travail désirable que d’instaurer des espaces conflictuels tout en s’organisant collectivement. A ce titre ce qu’il advient du travail paysan et les luttes qui sont menées contre son intégration aux logiques industrielles intéressent largement un mouvement de chômeurs en lutte.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, nous vous proposons de nous retrouver</p>
<p>Samedi 6 mars 2010 , à 16h00 (suivi d’un repas en soirée)</p>
<p>A la cantine populaire à Rennes, 244 rue de Nantes (environ 800m au Sud de la place de Bretagne, en face du magazin Azur bio)</p>
<p>Quelques éleveurs opposés à la mécanisation de la vie</p>
<p>et membres du mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes (mcpl)</p>
<p>contacts : mcpl2008[a]gmail.com &#8211; 02.99.07.85.06</p>
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		<title>Manif du 5 Décembre, procès en appel</title>
		<link>http://www.gangrennes.info/article/402</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 15:25:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>anonyme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Les flics et le procureur ont fait appel de la décision donnée le 1er février suite au procès des 4 de la manif du 5 décembre à Rennes. Donc ils remettent en cause les dommages et intérêts ainsi que les peines. Pas d&#8217;autres informations pour le moment. 
Source :  http://nantes.indymedia.org/article/19679
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Les flics et le procureur ont fait appel de la décision donnée le 1er février suite au procès des 4 de la manif du 5 décembre à Rennes. Donc ils remettent en cause les dommages et intérêts ainsi que les peines. Pas d&#8217;autres informations pour le moment. </p>
<p><strong>Source :</strong>  http://nantes.indymedia.org/article/19679</p>
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